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La philosophie peut-elle guérir le corps ?

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Dès que j’ai vu cette émission sur mon écran, j’ai été attirée comme un aimant ! Une émission de philosophes qui nous parlent du corps ! Qu’allais-je y découvrir ? Une forme de frénésie intérieure s’est emparée de moi. Des idées, sous forme d’avalanche, sont venues se bousculer dans mon cerveau qui ne demandait que ça.

Il a fallu que je calme ce flot discontinu pour avoir une écoute sereine et surtout clarifier ma pensée. Il est toujours intéressant, et c’est par la conclusion que je commence cet article, de constater que finalement nous abordons tous les sujets, quels qu’ils soient, et même des sujets que nous avons en commun, par notre porte d’accès personnelle. L’idéal, serait que nous ayons tous plusieurs portes d’accès…  C’est rarement le cas, aussi réjouissons-nous de nous rencontrer les uns les autres. C’est l’occasion de bénéficier d’autres portes qui, sans conteste, nous ouvrent sur d’autres lieux, d’autres paysages et élargissent notre manière de voir et de penser.

Nous abordons nos sujets à travers nos systèmes de valeurs, de pensées, de croyances et d’expériences. Il y a un an, je vous avais parlé des mots, non pas de leur impact sur le corps, mais de leur étymologie. Nous avions voyagé au-delà des frontières, au-delà du temps. Aujourd’hui, repartons en voyage avec les philosophes anciens et modernes. Voyons ce qu’ils ont à nous dire ? Je n’ai pas pu me résoudre à faire un résumé de l’émission. Trop de propos qui méritent, à mon sens, un développement. En effet, dans ma naïveté, j’ai cru qu’ils nous parleraient du corps… Que nous aurions une vision de l’impact de la pensée et des mots sur le corps. C’était oublier que les invités étaient des intellectuels, très au fait de leur matière et voyant le monde à travers leur porte de prédilection, c’est-à-dire une pensée abstraite loin des réalités que je constate lorsque je reçois mes patients pour des drainages lymphatiques, lorsque j’écoute leur corps, leurs maux, leur sensibilité. Cette approche philosophique, conceptuelle est parfois bien éloignée des mots avec lesquels j’aborde la santé, la maladie, les corps, l’humain lorsque je prodigue une séance de soin.

Les mots sont d’une grande puissance. Ils ont un impact sur nous à travers le sens, la signification dont ils sont porteurs, à travers le son qui agit sur nous, à travers la vibration… La voix qui nous parle, le ton utilisé, seront autant de modulations à l’impact différent. Je développerai et vous expliquerai pourquoi et sur quoi ils agissent dans les articles qui composeront cette thématique.

Je ferai donc un résumé des propos, tenus par les invités de l’émission, qui m’ont interpellée. Je vous proposerai les réponses que j’aurais aimé apporter si j’avais participé à cette émission, non pas pour être le contradicteur, car personne n’a tort ou raison, mais plutôt pour élargir notre forme de pensée à tous. Je répondrai, donc, à leur propos dans les parties en couleur. Commençons tout de suite ce dialogue !

Les invités de l’émission :

La philosophie peut-elle guérir les maux qui affligent le corps ? Un corps souvent difficile à accepter et avec lequel nous arrivons sur terre. Un visage banal, des kilos en trop, un corps qui vieillit etc… Bien que nous disions très souvent : «je ne pourrais pas faire sans». Les êtres humains font la plupart du temps, «sans». Sans amour, sans éternité. Notre vie, souvent perçue comme une suite de contraintes.

La philosophie, une discipline qui se définit elle-même comme médecine de l’âme va répondre aux questions : «pourquoi ai-je cette tête»… Une tête que l’on n’a pas demandé, un corps que l’on voudrait autrement, etc.. C’est la période difficile et cruelle, où la philosophie met tout en évidence, tout ce qui est à accepter comme inéluctable et proposant l’idée que, la vie est une maladie à accepter. Elle propose de voir les choses en face, avec lucidité. Cette phase peut sembler bien cruelle et difficile. Après l’acceptation, il faudra affronter les questions. Notre rapport au réel étant souvent pathologique. Nous voudrions autre chose que ce que nous avons et vivre autrement que comme nous vivons. Le refus du philosophe étant cette quête effrénée et très à la mode du bonheur à tout prix, de trouver du sens à tout prix et être positif à tout prix.

Mes réflexions :

Si l’on reprend les philosophies et les sagesses connues depuis la nuit des temps, la souffrance vient en effet de notre incapacité à accepter le réel. De notre obstination, à vouloir à tout prix que nos envies, notre idéal correspondent au monde dans lequel nous vivons. Plus nous cultivons cette manière de vivre et plus nous sommes, effectivement, à la merci de l’autre et du monde extérieur et, plus nous cultivons, la souffrance, la perte de notre pouvoir personnel et de notre «centre».

Cependant, vouloir aller bien, ce n’est pas forcément vouloir être heureux à tout prix. C’est plutôt d’accepter la réalité comme un fait inchangeable mais sans nourrir le côté accablant de la situation. Le besoin de chercher à aller bien, d’une partie de la population, n’est pas forcément une course au positif à tout prix. Cela peut être une manière, pas plus critiquable qu’une autre, de faire au mieux pour accepter la réalité. Il se trouve que nous soulevons ici le voile sur les différentes manières proposées par la vie pour aborder le thème de l’acceptation. Autant de variantes que d’individus que nous sommes.

Pour expliquer la souffrance à travers le visuel, devenons les artistes que nous sommes et sortons de nos sentier battus. Imaginons notre monde intérieur, nos souhaits, nos rêves, notre réalité, nos sentiments etc… dessinons-le, même mentalement, en quelques traits même abstraits. Nous avons maintenant de manière visuelle une «figure» qui représente notre manière de voir. Maintenant, voyons le monde à l’extérieur de nous, il peut être représenté par une situation, une personne qui ne correspond pas à nos attentes, à nos rêves et nos croyances. De même, dessinons mentalement les traits de la situation. Ce monde extérieur étant différent de notre monde intérieur, le dessin sera automatiquement différent.

Amusons-nous à poser ces deux feuilles l’une sur l’autre, comme si les dessins avaient été faits sur des feuilles de papier calque, le constat ne sera pas une surprise !  Les motifs ne se superposent pas, ça dépasse par-ci, par-là… Les deux dessins sont complètement différents, c’est le décalage que nous voyons qui symbolise les exaspérations que l’on connaît et qui engendrent la souffrance. Nous le connaissons tous. Le monde extérieur ne correspond pas à notre vision du monde, à nos rêves, à nos attentes, à nos espoirs. L’autre n’a pas répondu comme on le souhaitait, ou simplement, comme on imaginait qu’il allait répondre. La désillusion vient éveiller cette souffrance. La réponse de l’autre, tout aussi honorable puisqu’elle est adaptée à son vécu, ne vient pas répondre en parfaite harmonie à la nôtre. Les deux dessins sont superposés, mais ça grince… Que faire ? Faut-il accepter ? Accepter quoi, la vision de l’autre tout en respectant la nôtre ? Mais comment, par la résignation, en se taisant pour ne pas faire de vague ? En se faisant respecter sans écraser l’autre ?

La seule solution de départ, quels que soient les choix ultérieurs, est d’accepter les faits comme étant la réalité non changeable.
Toutes les civilisations et de tout temps le disent et l’affirment, c’est le «Oui», le «Amen», le «Inch Allah», le «OM»…

Tout d’abord accepter les faits, car il est impossible de changer le monde réel dans lequel nous sommes, aussi déprimant que cela puisse paraître. Toutes les sagesses ancestrales le répètent et dans toutes les langues. Accepter. Il n’y a pas d’autre choix. Accepter que le monde réel ne corresponde pas à notre monde intérieur. C’est la clef pour sortir de la souffrance, pour sortir de l’impasse et commencer à avancer.

Qui dit accepter, dit accepter l’autre comme il est, ainsi que le monde tel il est. Cela s’appelle de la TOLÉRANCE. La tolérance est souvent confondue avec la résignation. La tolérance est souvent confondue avec la croyance qu’il faudrait accepter de subir les autres et les situations. L’équilibre sera de pouvoir vivre en accord avec nos convictions, sans souffrir des convictions de l’autre et sans les subir pour autant. Un immense programme… que nous développerons dans les prochains articles.

Nous continuerons dans les articles suivants à palabrer avec nos philosophes, imaginons-nous dans les jardins grecs, lançons-nous dans des dialogues sans fin ! J’espère vous retrouver dans quinze jours au détour d’une allée !

© Alice Duruz - 2020

Source :

Emission : "Grand Bien vous fasse"

Animateur : Ali Rebeihi

Invités : Laurence Devillairs (Professeure en philosophie) & Alexandre Lacroix (Directeur de la rédaction de "Philosophie magazine")

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Kayaleh | Communication Globale - Agence spécialisée dans la Communication et le Marketing Digital