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Un seul mot et c’est tout un monde qui s’offre !

Regard sur les mondes
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Le blog est ouvert ! Le mode de communication change. Vous me connaissez à travers le drainage lymphatique que je pratique depuis 28 ans. Mais ce n’est plus avec mes soins et mes mains que je vais vous parler... mais par les mots. Je vous propose donc d’aller à la rencontre de ce moyen fascinant de communication.

On croit la langue posée et définitive, comme échouée à tout jamais et prisonnière de son passé alors qu’elle est bondissement.

Oui, les mots bondissent et rebondissent. Ils se posent sur une partie de notre cerveau, nous donnent de nombreuses images associées, ils font le tour de la terre et nous reviennent plus ou moins transformés. Ils voyagent de pays en pays et à travers les siècles.

Quelle aventure ! Vous en voulez un exemple ? Rien de plus simple, d’actuel, et des plus surprenant... Et puisque certains puristes fustigent les jeunes de ne plus savoir parler et de se limiter à leur vocabulaire... Voilà comment réconcilier les générations plutôt que de les opposer, et voyons comment un mot, que l’on croit « réservé » et appartenir à une partie de la population, nous appartient finalement à tous. En fait, les mots sont simplement revisités, constamment, comme une ancienne recette de cuisine par de nouveaux chefs.

Faisons l’expérience de nous ouvrir à cette évolution.

Avez-vous entendu parler de Bando ? moi, j’avoue que je ne connaissais pas. J’apprends qu’il est issu du Rap... Ah bon... 1ère nouvelle ! Je n’y connais rien dans ce domaine ! Mais les surprises continuent quand j’apprends qu’après des recherches, le lexicologue et professeur à l’université de Cergy-Pontoise Jean Pruvost, nous raconte l’histoire de ce mot que l’on croit actuel et réservé aux banlieues. Car bando en Rap signifie banlieue. On croit que tout est dit, et ce serait dommage de s’arrêter là, car l’aventure ne commence que maintenant, et la suite est époustouflante.

En germanique le Ban est le lieu de pouvoir. Et nous voilà déjà dans un voyage transfrontalier mais on ne s’arrête pas en si bon chemin !
Puisqu’on est dans un lieu de pouvoir, on parle de bannière et nous voilà de retour en francophonie! La bannière, ça parle d’autorité, de frontière, de pouvoir. On défend une bannière et pendant la guerre on commande au ban et à l’arrière ban.

Continuons à explorer ce mot, pourquoi ne pas aller plus loin ? Et nous retrouver au Moyen Âge ! Et observons comment un mot issu du Rap, que nous croyons récent, a traversé les frontières, l’histoire et les siècles... Tout en gardant le mot bando en tête, continuons notre chemin et allons faire un tour au Moyen Âge où le Seigneur possédait le four banal et le taureau banal. Les villageois étaient obligés de cuire le pain et de s’acquitter d’un impôt pour cuire leur pain dans le four banal. Nous parlons déjà d’autorité.

Et puisqu’on joue avec les mots, nous revoilà prêts à les suivre et à nous laisser porter par eux. Nous étions au Moyen Âge, il nous faudra le quitter car cette autorité seigneuriale a été bannie. Autorité bannie et nous parlons « d’abandonner » ! A.. ban.. donner. Donner au ban, était donné au seigneur, mais le préfixe « A » s’est glissé devant, et nous nous retrouvons dans le latin.

Le « A » soustrait ce qui est donné au ban. Et de notre côté, nous jouons à suivre les mots, à les décortiquer, et à constater qu’ils sont totalement vivants.

Vous souhaitez continuer le voyage, alors revenons à aujourd’hui, car le mot ban n’a pas hésité à passer les frontières… il est passé par l’Angleterre, puis les États-Unis et il nous revient. Et ce ban qui n’a pas cessé de parler d’autorité est devenu bando. Qui veut dire Banlieue.

Voilà comment un simple mot, que l’on croit issu de la banlieue peut nous parler de manière interculturelle, internationale et à travers l’histoire ! Qui l’aurait cru. Ce qui serait intéressant serait de voir ce que ce bando sous-entend ? Se poser la question de ce que signifie la banlieue.

Banlieue, le lieu de l’autorité… mais laquelle ? Qui a repris l’autorité dans ce lieu ? Pourquoi certaines autorités n’y sont pas les bienvenues. Serait-ce deux autorités qui s’y affronteraient pour garder le pouvoir ? Finalement, dans cette situation que devient la population ? Avons-nous vraiment quitté le Moyen-Âge et le seigneur qui impose ses lois. Un simple mot, qui semble anodin, et nous sommes face à mille questions. Les mots ont ce pouvoir, celui de nous faire réfléchir, même si nous n’avons pas de réponse. Ils poussent à la réflexion, à l’échange, au partage d’idées, au respect de la différence. Nous ne serons jamais tous d’accord sur la signification d’un mot. Chaque mot évoquant pour chacun une multitude de souvenirs. Mais ils sont la preuve qu’avec le même mot tant de vérités sont possibles ! Ils incitent à l’humilité.

Les mots sont en lien avec une partie de notre cerveau, qui dans son intelligence va nous en donner la signification, mais aussi activer tous les autres sens. La vue, l’ouïe, le goût, le toucher vont également se réveiller.

Je vous parle de fraises ou de cornichons et tout un processus est mis en route dans notre cerveau.  Et voilà le branle-bas de combat dans différentes parties de notre cerveau. Non seulement l’image est créée, mais l’odeur nous arrive aux narines, et à la bouche la saveur, on les sent sous nos doigts ces fraises ou ces cornichons… on la sent cette douceur, ou cette aspérité... Puisqu’on aime le voyage tout un univers s’ouvre à nous. Et c’est peut-être une partie de campagne, avec un goûter d’anniversaire autour d’une tarte aux fraises, c’est un souper entre amis, avec une raclette, un week-end à la montagne, des vacances inoubliables… un simple mot et ce sont des souvenirs, un pan de vie qui se déploie comme un accordéon et nous donne à revivre les notes plus ou moins douces de la vie.

Les mots, les souvenirs qu’ils évoquent, et si cela était aussi notre ultime richesse.

Et quand les mots s’échappent, quand la mémoire nous fait défaut, quand la communication par les mots ne se fait plus, que se passe-t-il ? A l’occasion d’autres articles, nous parlerons des mots qui s’enfuient de notre mémoire, après un accident ou tout simplement avec le temps. Est-ce irrémédiable ? Y-a-t-il des solutions quand toutes nos facultés ne sont plus au rendez-vous ? Des surprises vous attendent.

Nous possédons environ 13 000 à 15 000 mots et pouvons aller jusqu’à 30 000 mots de culture générale, voire plus. Un enfant est une éponge à mots, il peut en apprendre des milliers. Il les apprend jour et nuit. Un mot entendu une ou deux fois et le voilà retenu ! Il possède 3 000 à 5 000 mots en quittant l’école.

C’est ainsi que nous commençons notre vie, avide de mots. Nous comprenons très vite qu’il est vecteur de plaisir, d’assouvissement, d’écoute de nos besoins. Dans ce contexte, devons-nous avoir peur du temps qui passe ? Comment évolue notre mémoire ? Que se passe-t-il dans notre société quand les mots viennent à manquer ? Quand le vocabulaire manque et que l’expression de nos ressentis ne peut plus se faire, quelles conséquences sur les individus, sur la société ? Que de thèmes à visiter ensemble.

Nous pourrions en parler des heures et certains l’ont déjà fait. Il y a cependant mille et une piste pour parler des mots, de leur vie et de l’impact sociétal qu’ils peuvent avoir. (Cela vous intéresse, l’émission de France inter « une bonne tasse d’été » du 15 août 2018, est des plus passionnante. N’hésitez pas à aller au média associé, et à l’écouter).

Mais il y a aussi une autre manière d’en parler, les mots ont un sens, associé aux images, mais une autre approche est possible.

Ils arrivent aussi sur nous en tant que vibrations. Ce sont des sons, comme une musique. Comme plusieurs notes d’une partition. Chaque langue a sa musicalité, et comme nous le savons la musicalité d’une langue détermine la « forme pensée ». Chaque langue nous amène à une façon différente de penser, d’appréhender la vie et l’univers.

Un mot, une phrase et ce sont, soit des flèches qui détruisent, ou des baumes qui réparent. Tout est fonction de notre histoire. Nous parlerons aussi des mots, qui au fil du temps réparent les blessures… comme des fils suturent une coupure, comme une crème apaise et cicatrise. Les mots sont magiques, ils peuvent changer la vie.

Un mot, un sourire et c’est un univers qui s’ouvre, une porte ouverte vers soi et vers l’autre.

Cela vous intéresse, vous souhaitez voyager avec moi, parcourir les chemins de traverses, je vous emmènerai à la découverte des multiples facettes que les mots nous permettent de toucher. Rendez-vous aux prochains articles.

© Alice Duruz - 2019

Information sur le Média :

France Inter
Une tasse d’été animée par Marion Sauvion

Invités :
Jean Pruvost, lexicologue, professeur émérite à l’Université de Cergy-Pontoise. Auteur de dictionnaires et livres érudits comme « Nos ancêtres les Arabes – Ce que le français doit à la langue arabe »            
Laurent Cohen, neurologue, professeur à La Pitié Salpétrière, auteur de plusieurs ouvrages à succès, dont « Comment lire avec les oreilles » (Odile Jacob)

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Bonne lecture à toutes et à tous.

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Kayaleh | Communication Globale - Agence spécialisée dans la Communication et le Marketing Digital