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Le cœur, au cœur de notre quotidien

Regard sur les mondes
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Le mot cœur est étonnant, on en parle partout, c’est la grande mode… L’ouverture du cœur…

Il est vrai que le cœur ouvert est prêt à tout. A accueillir ce qui va le réjouir, mais également ce qui va le déstabiliser. Il a pris le risque de s’ouvrir… et oui, s’ouvrir c’est toujours un risque. Celui d’être vu dans toute sa splendeur, sa profondeur, sa force et aussi dans sa vulnérabilité.    Car elle est humanité cette vulnérabilité, et c’est orgueil que de croire qu’elle n’est réservée qu’aux autres. Et c’est avoir peur des autres que de croire que nous sommes seuls à être vulnérables. Donc oui, s’ouvrir c’est relever le défi de se montrer tel qu’on est, sans craindre le jugement de l’autre.

S’ouvrir est signe de confiance en soi, non pas une confiance en nos compétences, mais confiance en ce que nous sommes uniques. Cette confiance est une force, peu importe ce que les autres pensent, nous restons fidèles à nous-mêmes, dans nos choix, notre attitude et notre propos. S’ouvrir, c’est donc un chemin devant soi, un chemin en soit, en tant que tel, et surtout un chemin à l’intérieur de soi.

Et quand je pense au cœur, que je l’observe, cet inlassable travailleur, je me dis que notre existence tient du miracle. Notre corps tout entier est un miracle, y penser nous met dans un état de grande humilité. Comment cela est-il possible ? Chaque cellule travaille pour un organe, chaque organe pour lui-même, et en même temps pour le bon fonctionnement de tout le corps. C’est incroyable ! quelle générosité !

Et quand notre corps montre des défaillances, nous avait-il parlé avant ? Ou, a-t-il été mesquin, et sournoisement, sans nous prévenir, nous a « envoyé » cette maladie ? … Un organe ne fonctionne plus très bien !  Que se passe-t-il, tout semblait aller à merveille, sans que nous nous posions de questions ? Mais quelle audace, il vient mettre un « grain de sable dans le mécanisme » alors que nous étions lancés dans cette entreprise, cette activité, cette vie qui nous passionne ou au contraire dans cette vie qui nous ennuie au plus haut point ? Toujours est-il que tout semblait aller pour le mieux et que c’est la tuile quand ça arrive.

Que s’est-il passé ? Nous pensions pouvoir compter sur lui et voilà qu’au pire moment, car ce n’est jamais le moment, le voilà malade. M’avait-il prévenu qu’il me préparait une entourloupe ? Mais non, on ne peut pas imaginer l’entourloupe ! Il n’est pas mesquin, il est notre corps, il est nous, il ne nous voudrait pas de mal !!! Alors pourquoi tout cela ? Il a envoyé des signes, de petites alertes, il nous a chuchoté ce qui lui déplaît, ce qui le met mal à l’aise, ce qui le blesse.

Un regard sur soi intransigeant, une relation difficile avec soi-même, avec les autres, ça peut anéantir ; et la cohorte de somatisations pourra faire jour. C’est ainsi que le corps nous parle… de nous à nous, il parle avec ses outils. A travers nos sens, et bien sûr, l’un d’eux sera perturbé.

Dans son intelligence, le corps envoie un message clair. Il n’y a pas de hasard. Si la douleur est au genou, si l’inflammation est à la gorge ou si l’estomac a des brûlures, il parle de sensations différentes, de douleurs différentes, de problèmes différents. Il est fabuleux de nous donner des pistes et si nous en avons le courage, l’envie, la curiosité, comme un aventurier, nous suivrons la piste et irons à la recherche de cette difficulté… pour la regarder, en prendre soin, l’apaiser, et apaiser ainsi les symptômes du corps.

Devons-nous dans ce cas nous réjouir de nos maux, de nos « mal à dit » ? Certes pas !!   Maladie et c’est déjà que la frontière a été dépassée. Que les appels ont été ignorés. Mais il n’y a jamais aucune vérité définitive ! De quel droit ne voir qu’une seule vision de cette situation et presque se culpabiliser de ne pas avoir écouté le corps. Comme si nous étions toujours des malotrus vis-à-vis de nous-mêmes ! Des dictateurs pour nous-mêmes ! Non, je ne suis pas d’accord et voilà qu’une autre vision peut apparaître, aussi véridique que la précédente.

Et voici un autre versant du même problème, une autre vision de ce que pourrait nous dire cette maladie. L’autre option tout aussi vrai que la précédente.

Notre corps est un condensé de matière, vu comme cela c’est beaucoup moins poétique, et vous allez vouloir me quitter… n’en faites rien ! ce n’est qu’un passage obligé ! Notre corps est matière, mais pas n’importe quelle matière ! Il est matière intelligente ; il suffit de constater comme chaque organe travaille constamment pour maintenir notre équilibre sans qu’il y ait eu besoin de le lui dire ! Personne ne se lève le matin avec le programme : tant de respirations, tant de battements de cœur, tant de transformations chimiques dans la digestion etc… Notre corps fait ça sans notre volonté. Il s’autogère ; il a une mémoire fabuleuse et il a la capacité de mémoriser et d’engrammer toutes les sensations agréables, ou non, que nous vivons.

Chaque situation perçue à travers nos sens est enregistrée dans notre corps. Notre corps a une immense mémoire. Imaginons une situation de stress, de peur, d’angoisse ou de bonheur, le corps va associer chaque situation, chaque événement aux sensations qu’il aura vécues. Il va faire ce que l’on appelle un ancrage, qui va s’inscrire, se figer, quelque part dans le corps. La situation sera peut-être oubliée par la personne que nous sommes, mais le corps ne l’oublie pas. C’est comme si nous avions mis un objet dans notre sac et que nous le portions pendant des années sans le savoir, ou en sachant qu’il est là, mais sans pouvoir l’ôter du sac.
Ces sensations, associées à un événement traumatisant, se posent ou se figent quelque part dans notre corps et se cachent dans un recoin, parfois pendant des décennies. Mais pourquoi se cacher ? Il serait tellement plus simple de voir tout de suite ce qui se passe ! et d’en parler ! pour ne pas laisser le traumatisme s’inscrire dans notre corps, mais aussi dans nos vies !

Oui… tout de suite serait idéal, mais ce n‘est pas toujours possible. Tout simplement parce que ça fait mal, très mal et que parfois on ne peut pas tout de suite y faire face, soit parce qu’on est trop petit pour le faire, soit parce que c’est tellement douloureux que la personne est « paralysée ».  Sans Voix. Ces événements sont vécus à travers des attitudes, des paroles, des silences, des actes, qui envoient des messages stressants et mettent le corps dans un état de choc plus ou moins grand, plus ou moins conscient.

Le corps reçoit l’impact de la parole, de la situation éprouvante, comme un uppercut à l’estomac, il est comme sur un ring ! à terre. Et les mots réparateurs ne viennent pas toujours, immédiatement, pour sa propre défense, ou pour mettre les limites. Mais a-t-on déjà vu un boxeur vidé par le coup de poing, sur un ring, à terre, commencer un plaidoyer ! Moi jamais.

Alors comme le boxeur, la personne encaisse, ou plutôt son corps encaisse. Trop de douleurs à l’intérieur pour prendre acte et répondre. Ces chocs peuvent rester longtemps en mémoire tapis dans une partie du corps. Ce qui est paradoxal, c’est que cela peut être de petits chocs ressentis comme des agressions violentes, cela peut être une accumulation de petits chocs, des grands chocs, il n’y pas de règle. La personne va vivre avec cette douleur. Cette douleur va même teinter son comportement, parfois à son insu.

La peur s’est installée à cet endroit précis, jusqu’au jour où un évènement, une situation vont mettre en lumière ce passé, en révéler toute la souffrance. Cette simple prise de conscience va libérer le corps. Soudainement, comme des vannes qui s’ouvrent, il va faire sortir de lui, sous forme de maux, toutes ces douleurs bloquées et engrammées en lui parfois depuis des années. Il s’agit d’une libération d’un processus de « nettoyage ». Et pourtant vu de l’extérieur, on se dit : mais il est malade !

Alors que dans le premier cas présenté il s’agissait des cris du corps non entendus, étouffés, dans le second cas, il s’agit des cris du corps qui sortent et qui le guérissent.

Et quand la maladie est grave, est-ce du même processus dont on va parler ? Est-ce d’une accumulation de dénis, de souffrances, de non-dits ? Est-ce une hérédité par laquelle il faudra passer quoiqu’il en soit ? Un destin qui a posé sa marque au fer rouge à la naissance.

Et quand la maladie touche le nouveau-né, quand elle touche l’enfant ? Que penser ? Comment faire avec cette composante ? Ces enfants, si courageux et tellement lucides quand ils ont une maladie grave. Ils sont alors, à eux seuls, une leçon de vie, une leçon d’acceptation, de force et de courage. Ils deviennent les adultes responsables face à nous qui perdons pied. Les rôles sont inversés. Nous sommes, bien souvent, démunis face à eux. Nous devenons des enfants, chargés de détresse… Détresse de ne pas toujours pouvoir les guérir. Détresse face à notre impuissance. Quelles lois se sont appliquées ? Comment expliquer cela ? Chacun en fonction de ses croyances cherchera une issue, une réponse pour accepter l’inacceptable.

Une fois de plus, mille facettes s’offrent à nous pour approcher le corps, ses tendances, ses réactions, ses solutions. Toutes aussi contradictoires et véridiques les unes que les autres. Car la maladie ne s’explique pas si simplement. Elle est aussi la résultante d’une histoire unique, d’une personne unique. La même maladie peut avoir des origines aussi multiples que de personnes. Elle peut aussi être l’usure du corps, l’âge tout simplement.

Mais une chose est sûre, la personne est à terre, son cœur est lourd et ses défenses immunitaires sont à plat. Car être malade, c’est aussi voir surgir au plus profond de soi toute une cohorte de questions, de pourquoi, d’angoisses et au final un affaiblissement supplémentaire du corps et de l’esprit.

Mais comment en sommes-nous arrivés là ? il s’agissait du cœur dont je voulais vous parler.

Pourrions-nous relier les maladies quelles qu’elles soient au cœur et à sa douleur ? Serait-ce finalement un manque d’amour ou la perception d’un manque d’amour qui finit par affaiblir le corps, à le rendre vulnérable à en être malade ? Mais n’est-ce pas lui, notre cœur, le premier touché quand nous sommes blessés ?  Comment ouvrir son cœur alors ? Il y a tant de situations où il n’aurait qu’une envie c’est de se fermer pour ne plus prendre le risque de souffrir ?
Le cœur ouvert ? A qui ? A soi d’abord, à l’écoute de soi tout d’abord. Pour prendre le pouls de nos souffrances, pour vivre la deuxième situation présentée où les cris du corps sortent et le guérissent plutôt que la première situation présentée où les cris du corps ne sont pas entendus et sont étouffés. Bien sûr, passer par la case maladie, peut sembler effrayant !

Mais à partir de quand parle-t-on de maladie ? La maladie n’est pas le passage obligé pour avancer et commencer à s’écouter ! Heureusement il n’y a pas de règles, pas de vérités immuables. C’est le côté magnifique de la vie, on explique une chose et on peut démontrer son contraire avec autant d’arguments. Nous parlions de la maladie … elle fait peur ! Mais, parfois, à terme, si elle a permis de prendre des décisions favorables, des virages dans nos existences, un regard différent sur soi et sur le monde, elle pourra être vécue comme un soulagement, la sensation d’être allégé d’un poids, d’un fardeau psychique avec lequel le corps vivait depuis si longtemps ! On a écouté son corps et l’on a perçu sa détresse. L’écoute… ce ne sont pas uniquement des sons, des paroles, de la musique. On écoute aussi son ressenti.

Comme il est extraordinaire de parler du corps, de la matière, et de constater la richesse de la langue française, les mots nous touchent comme des caresses ou comme des coups et un ressenti peut s’écouter comme une mélodie qui berce nos sens ! N’est-ce pas paradoxal ? Tous nos sens sont imbriqués.

Finalement, il nous faudra attendre le prochain article pour savoir ce que je voulais vous dire au sujet du cœur et le regard que j’y porte. Je me suis totalement éloignée du projet initial et si j’étais à l’école ce serait zéro pointé ! Copie hors sujet par rapport à ce que j’avais en tête !!! Mais sommes-nous hors sujet quand on laisse parler son cœur ? Je vous donne rendez-vous dans quinze jours pour aller à la découverte d’un cœur léger … c’est promis !

© Alice Duruz - 2019

© Alice Duruz - 2020

© Alice Duruz - 2020

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