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Dédramatiser la maladie, est-ce possible ?

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Je vous ai quitté avec une promesse, celle d’aborder la maladie, quelle audace… Le sujet est malaisé. La maladie sous-entend la souffrance et peut-être la mort. Elle renvoie à la peur de la mort. Qui voudrait aborder l’été avec un sujet si lourd, en apparence ! Après deux mois de confinement, une peur sous-jacente qui filtre à travers tous les pores, que pourrais-je vous dire, partager comme point de vue qui pourrait vous inciter à me lire ?

Je commencerai cet article en vous disant que je suis comme vous tous, pleine de paradoxes, de contradictions et forcément de croyances. Commençons donc par les croyances… et sortons de « nos croyances » au sujet des croyances ! Elles sont souvent décriées comme si elles étaient toutes à éliminer, et pourtant nos croyances sont notre socle. Ainsi une croyance qui part est forcément remplacée par une autre conviction qui devient une nouvelle croyance. Nos croyances évoluent avec nous, avec notre évolution etc… Nos croyances sont nos fondations, nous nous appuyons dessus pour construire notre vie, notre paysage. Elles donnent une saveur particulière à notre vie, à notre être, à nos rencontres, à nos attitudes. Les croyances font notre coloration. Sans elles, il n’y aurait pas de fondations.

Mais revenons à nos moutons… Une fois de plus, je m’égare… Et personne pour me retenir, si ce n’est le peu de discipline que je m’impose ! Voilà l’exemple même d’une croyance, la croyance que je dois me discipliner car je vous ai promis de parler de maladie, alors que cette idée de départ pourrait tout à fait m’amener ailleurs si je décidais de me laisser aller, alors que je suis bien la seule à croire que je dois m’y tenir !

Plutôt que de suivre une ligne droite en tenant « la maladie » comme un « os à ronger », je pourrais tout à fait suivre une ligne faite de pensées qui rebondissent comme un ballon et qui me mèneraient ailleurs et peut-être très loin du sujet de départ ! Cependant aujourd’hui, après cet exemple d’une croyance, ni meilleure ni pire qu’une autre, mais qui est celle que je vais suivre maintenant, comme un chien suit une trace, je vais vous parler de maladie et je reviendrais à une autre occasion développer le thème des croyances.

Je vous invite donc à me lire avec l’esprit ouvert, de celui qui se donne l’opportunité de lire à la fois une vérité argumentée et son contraire tout aussi argumenté…  Pour finalement adhérer à sa propre vérité. L’esprit ouvert, c’est un esprit qui ne met personne dans un tiroir, un tiroir qu’il refermerait à la première occasion pour empêcher « d’avancer », pour figer et cristalliser les pensées, les choses. L’esprit ouvert est l’esprit libre, attitude qui remet tout en question en permanence, ce qu’il croit aujourd’hui et qu’il est prêt à renier demain, si une pensée nouvelle se rapproche davantage de son nouvel Être intérieur et de sa nouvelle vision du monde ! Je me donne donc la liberté de tenir des propos auxquels je crois et leur « contraire » auquel je crois tout autant. Des pensées que tout semble opposer les unes aux autres et qui cependant peuvent cohabiter et être complémentaires.

La thématique développée en janvier a commencé par l’article suivant : « la philosophie peut-elle guérir le corps ? ». Il a été longuement question de maladie, de l’intérêt ou non d’y chercher du sens. Je reprends le paragraphe que je me proposais de développer pour observer la maladie sous différents angles.

La maladie, vécue parfois comme un cri du corps pour nous obliger à nous arrêter et à entrer dans une forme d’observation. Observation de nos modes de fonctionnement, de nos fragilités, de notre hérédité, de notre manque d’immunité, de nos croyances, de nos traumatismes etc... Ceci peut être extrêmement difficile à croire et à accepter. Pourtant, par expérience, j’ai souvent constaté que la maladie pouvait être un point de départ pour démarrer une nouvelle vie, incitant à se poser de nombreuses questions.

Je reprends les définitions et les questions posées dans le précédent article :

Qu’est-ce que la maladie ? Qu’est-ce qui détermine qu’à un moment donné on est malade ? La définition de l’OMS nous dit que la santé par opposition à la maladie est un état de complet bien-être physique, mental et social, qui ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité.

La définition du mot « maladie » dans le dictionnaire est : altération de la santé, des fonctions des êtres vivants (animaux et végétaux), en particulier quand une cause est connue (par opposition à syndrome).

Être malade pourrait signifier une rupture d’équilibre. A quel moment surgit la maladie, et pourquoi tel ou tel organe ou tel ou tel système est-il atteint ? Pourquoi certaines personnes ne sont-elles jamais malades, d’autres atteintes par des maladies anodines, vécues comme des alertes ?  Pourquoi d’autres sont-elles terrassées par des maladies comme des cancers, des crises cardiaques ? Pourquoi certaines maladies sont-elles dégénératives et d’autres fulgurantes ?

Où chercher les réponses ? Il y a autant de vérités que d’Êtres Humains. La maladie, comme une rupture d’équilibre est une manière comme une autre pour le corps de nous parler et de nous obliger à aller à la rencontre de nous-même, à découvrir des pistes pour aller à la recherche de notre propre vie et de notre propre histoire. Une manière comme une autre, et parfois bien brutale, de nous rappeler que nous sommes porteurs de forces et de faiblesses issues d’une lignée familiale, et qu’il nous appartient de mettre la lumière dans les zones d’ombre

Mettre la lumière dans les zones d’ombre. Que voudrais-je dire ? Ce serait comme mettre l’éclairage sur la partie de l’arbre qui a des « noix » prêtes à tomber. L’arbre pouvant être notre arbre généalogique ou nous-mêmes ! Mettre la lumière, c’est éviter de recevoir, sur notre tête, les « noix » prêtes à tomber. En effet, elles ne sont « dangereuses » que si on ignore qu’elles existent, et qu’elles peuvent, à tout moment, nous toucher et nous blesser !! En effet, mettre un éclairage, c’est observer l’état de « maturité », c’est les enlever plutôt que de les recevoir sur le crâne ! C’est aussi parfois trouver la parade pour éviter d’être endommagé et subir les dégâts auxquels on ne s’attend pas. Mettre la lumière, c’est se donner l’opportunité de repérer, d’éviter, voire d’enlever le danger. C’est peut-être l’intérêt d’aller dans son histoire personnelle. Chercher un sens à la maladie, c’est éviter que d’autres « noix » ne s’abattent sur nous, presque à notre insu, au moment où on s’y attend le moins. C’est aussi faire de son mieux pour éviter de les transmettre, presque à notre insu, et prendre le risque de les voir tomber sur la tête de notre descendance. Les recherches génétiques ont révélé que les traumatismes vécus par nos ancêtres se marquaient sur le génome des générations suivantes. De même, le génome marqué par le traumatisme, traumatisme qui peut s’exprimer par des comportements ou des maladies, est modifiable sur le génome si un plan de guérison est mis en place, en œuvre, sous forme de thérapie en lien avec la parole. (Voir l’article : Modifier son ADN et apaiser sa souffrance par les mots ! )

Nous voici en plein sujet.

Voyons ce qui se passe.  On se dit malade. J’ai un ulcère à l’estomac, j’ai une migraine etc… Mais si je dis « j’ai », pour la plupart, cela signifie que le corps dans son entier est un ulcère à l’estomac. Il est vrai que tout le corps, l’esprit, l’être vont subir les conséquences de l’ulcère mais se percevoir en entier comme « la maladie » me semble être une option qui peut paralyser plutôt que d’inciter à garder un peu de force pour avancer et guérir. En effet, avec ce regard, la personne dans son entier peut se percevoir comme malade.

« J’ai » peu aussi vouloir dire, je possède ou j’abrite un ulcère à l’estomac, une migraine, etc... Dans ce cas, on isole, on sépare l’organe malade du reste du corps. L’isoler, pour ne traiter que la partie malade, c’est parfois une manière d’oublier que la partie malade est en lien avec tous les autres organes et que la maladie a des conséquences sur l’ensemble du corps. Ou que la maladie est la conséquence d’un problème qui a pris racine ailleurs dans le corps ou dans le psychisme. Isoler la maladie pour ne traiter qu’elle, c’est la traiter comme un ennemi à combattre. La partie malade, isolée du reste du corps, est comme mise à l’écart. Cependant comment imaginer, avoir un impact positif sur ce qui serait mis à l’écart. Pour avoir un impact positif sur quoique ce soit, cela suppose d’y mettre une attention, un accompagnement pour stimuler et envisager une transformation. L’accompagnement est alors le contraire de l’isolement. L’accompagnement, c’est faire appel aux forces vitales des organes en bonne santé, même si ceux-ci peuvent être fatigués, ils seront un soutien.

Le corps et l’esprit subissent la conséquence de la maladie et il est bon de s’occuper de son ensemble de manière holistique pour la guérison. Pour se sentir encore présent à soi-même, et capable de se percevoir comme un être à part entière et non comme une « maladie ambulante », il est intéressant de différencier la partie malade de tout le reste du corps, pour rester en contact avec les forces vitales et se sentir fort, tout en intégrant totalement la partie malade pour qu’elle bénéficie de toute cette force.

La partie malade du corps est le concentré du déséquilibre physique, psychique, émotionnel… Mais les autres parties du corps peuvent parfaitement fonctionner ou pas !.Nos différents systèmes, lymphatique, cardio-vasculaire, nerveux, pulmonaire etc… peuvent tout à fait être en bonne santé alors que, dans l’exemple choisi, le système digestif peine à aller bien, tout en sachant que l’un de ses systèmes peut être fragilisé, comme une conséquence inévitable.

Différencier la partie malade ne sous-entend donc pas de l’isoler et de la traiter comme un ennemi à combattre, mais au contraire, sous-entend de la prendre en considération, la soutenir et réaliser que toutes les parties du corps qui vont bien, ce sont des milliards de cellules en bonne santé, qui peuvent accompagner, écouter, soutenir, prendre en charge, supporter une médication et, par conséquent, peuvent contribuer à la guérison. C’est alors qu’intégrer la partie malade est une option intéressante pour se sentir en pleine possession des moyens qui nous font parfois défaut.

Il s’agit d’un subtil équilibre entre deux attitudes qui semblent contradictoires de prime abord.
D’une part, ne pas s’identifier à la maladie, pour ne pas se percevoir comme malade, alors que seul une partie du corps est malade. Cette approche pourrait laisser croire que l’organe malade est isolé, ce qui n’est pas, selon moi, souhaitable. D’autre part, identifier ce qui est malade en soi, sans pour autant l’isoler. En effet, isoler la partie malade reviendrait à la traiter comme un ennemi à combattre et non comme une alliée à accompagner et à soutenir pour la « réparer » et la guérir.

Cependant, il serait prétentieux de croire que tout est si simple, car malgré la similitude des symptômes pour une même maladie, chaque être humain est unique. Ce qu’il arrive « à faire » de son histoire de vie est unique. Il est important d’avoir un regard personnalisé et une approche individuelle pour éviter des amalgames souvent réducteurs et parfois culpabilisants. Nous réagissons et avons tous des réponses différentes en fonction de notre vécu, c’est pourquoi je ne crois pas aux recettes à appliquer. Je crois à l’écoute bienveillante pour amener chacun à entrer en dialogue avec lui-même comme avec un ami, un confident et non comme un dictateur.

Cette combinaison suppose de choisir toutes les alternatives sujettes qui permettraient de recouvrer la santé. Dans ce sens, la médecine intégrative allie la médecine traditionnelle et une médecine plus globale. La prise en charge de l’Être dans sa globalité met toutes les chances du côté de la guérison. En effet, pourquoi se priver de tout ce qui pourrait contribuer à recouvrer l’équilibre et la santé ? Nous avons vu dans les articles précédents, que le drainage lymphatique pouvait être une option intéressante pour stimuler l’immunité et permettre au corps de faire appel à ses défenses naturelles.

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Si nous partons du principe que, dans toute relation entre êtres humains, nous avons 50% de responsabilités vis-à-vis de l’autre, pourquoi ne pas transposer cette proposition, et ne pas imaginer que nous avons 50% de responsabilités vis-à-vis de nous-mêmes et de notre maladie.

La maladie ne viendrait-elle pas parler des 50% de responsabilités que nous avons vis-à-vis de nous-mêmes ?

De ce que nous faisons ou ne faisons pas pour nous, et qui engendre le déséquilibre ? Ceci est une question que je me pose, au fur et à mesure que je dialogue avec vous. Car tout est toujours à remettre en question. Et je me remets moi-même en question pour ne pas cristalliser mes croyances, pour éviter de m’asseoir sur mes convictions et devenir un « vieux tableau ».

Nous avons tous des points forts et des points faibles qui font que, dans telle famille, le système nerveux est fragile avec des répercussions sur les systèmes digestifs ou sur la peau, etc.. dans telle autre, le microbiote est insuffisant avec un système immunitaire peu performant qu’il faudra soutenir toute la vie, avec une propension aux inflammations de toutes sortes etc… Ceci n’étant que des exemples parmi tant d’autres. Nous démarrons notre vie sur terre avec un bagage plutôt qu’un autre. Mais avant d’arriver sur terre, pouvons-nous sincèrement imaginer que nous sommes une matière vide, comme une feuille blanche sur laquelle les parents pourraient inscrire n’importe quoi, n’importe quelles pensées, n’importe quels mots ?

Certes, ils vont inscrire, écrire, ils ne seront pas les seuls, toute la société va nous modeler. Nous sommes interconnectés les uns aux autres, il est difficile d’imaginer un livre vierge en voyant un bébé. Il a déjà un caractère, un comportement, une vibration, il va s’approprier ou refuser certaines croyances familiales, d’où vient-il avec tout ce bagage ? Comment va-t-il aborder ses fragilités, ses forces, celles avec lesquelles il va arriver sur terre, celles reçues à la naissance ? Que va-t-il accepter comme croyances parmi tout ce qu’il voit, entend, sent ?  C’est le grand mystère de la vie.

Je laisserai à chacun le choix de partir dans son imaginaire, ses croyances, ses fondations personnelles pour trouver les réponses en lui-même…

© Alice Duruz - 2020

© Alice Duruz - 2020

© Alice Duruz - 2020

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Kayaleh | Communication Globale - Agence spécialisée dans la Communication et le Marketing Digital