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Le stress, notre pain quotidien !

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Je vous ai quittés il y a quinze jours. Jusqu’à présent j’ai abordé le thème de la peau, du toucher, et nous devions parler du massage. Cependant, si avant de vous parler du massage et de son impact sur le corps, nous faisions d’abord un détour dans notre quotidien ? Finalement, cela va nous permettre de mieux réaliser ce que nous faisons vivre à notre corps et prendre conscience de l’état dans lequel il arrive sur notre table de massage.

Ce sera notre pont ! Le pont entre le manque de toucher, qui affaiblit tout notre corps, et l’incapacité de notre corps affaibli, à faire face au stress quotidien sur un long terme. Nous sommes dans une double équation. Depuis des décennies, le toucher, le massage sont tombés en désuétude et, par ailleurs le stress n’a cessé d’augmenter. Nous nous retrouvons tous, plus ou moins impactés par le même problème, à vivre dans une société de plus en plus stressante où l’on se touche de moins en moins.

« Ça y est le rendez-vous est pris, ce sera dans une semaine ! C’est décidé je n’en peux plus et je rêve de ce massage ! Un moment de calme, de retour sur soi où je serai pris en charge et bordé comme un bébé »… Mais que s’est-il passé pour en arriver là ! Comprendre l’état dans lequel la personne va arriver au soin, permettra de cerner l’impact du massage et de réaliser ce qui se joue au cours du soin, et cela va bien au-delà d’un simple bien-être. Voilà la mission que je me donne.

C’est la plupart du temps dans un état de stress quotidien que l’on aborde actuellement notre vie. Le stress, nous savons tous ce que c’est. Beaucoup assimile le stress a un état bienfaisant, qui décuple les aptitudes et permet de faire face aux obligations avec brio. Et c’est vrai ! Dans un premier temps, le stress, s’il est de courte durée va augmenter les performances.

Cependant, le stress est une réponse du corps à une situation qu’il aura perçu comme dangereuse. Il va donc avoir une réponse biochimique pour faire face au « danger ». Le danger va mettre le corps dans un état particulier de « baisse de régime » et les premiers symptômes seront : une augmentation du rythme cardiaque, une baisse du taux de sucre et du tonus musculaire. En réaction, et pour ne pas s’effondrer, le corps va immédiatement réagir et stimuler certaines hormones. A ce stade, la mémoire et la réflexion sont améliorées. Les pupilles se dilatent, la vision sera meilleure.

Jusque-là tout va bien, le corps est fantastique et répond toujours idéalement pour faire face à chaque situation. Le problème commence lorsque l’état de stress s’installe dans le quotidien et qu’il devient une constante de chaque jour, de chaque minute. Trop de travail, exigeant de surcroît, trop de pression, des problèmes financiers, etc… Dans cette situation, chacun répondra au mieux en fonction de son caractère. Il en ressort deux profils de personnes.

Le premier sera dans la performance, l’envie de tout réaliser dans un temps record. Le deuxième aura une réponse peu adaptée à la situation stressante, avec une difficulté à s’adapter aux exigences de son environnement, une propension à l’aigreur, à l’anxiété, une forme de découragement, avec beaucoup d’inhibition sur le plan des relations sociales.

En deux mots, nous ne sommes pas tous identiques face au stress et à la réponse de notre corps dans une même situation. Certaines personnes sont plus vulnérables que d’autres.

Mais à long terme, un stress qui s’installe dans le temps va provoquer de la fatigue, de l’anxiété, de la dépression, des douleurs musculaires et une baisse de la concentration, un fonctionnement digestif perturbé (colites, crampes d’estomac, nausées … résultat d’une overdose d’adrénaline).

Plusieurs facteurs entrent en jeu et les réponses du corps vont permettre, à l’individu que nous sommes, de ne pas s’effondrer dans un premier temps.

Comme je l’ai dit précédemment le corps, dans un premier temps, va stimuler son système nerveux sympathique et augmenter les performances. Mais si cette tension est constante, les modifications chimiques vont avoir un impact très négatif sur tout l’organisme.

Une fois de plus ce qui est positif dans un premier temps, devient dangereux lorsque vécu en excès. Notre corps nous donne la leçon de la modération.

Que va-t-il se passer en cas de stress maintenu au quotidien ?

  • Le système nerveux, se sentant en danger, va stimuler le cerveau. L’hypothalamus va stimuler les glandes médullosurrénales qui vont sécréter l’adrénaline. D’où la stimulation du cœur. Le cortisol va également être sécrété, mais de nouveau à long terme, il sera très nocif pour l’organisme.
  • Le rythme cardiaque va être augmenté, la pression artérielle augmente également, le corps cherchant ainsi à augmenter l’oxygénation des muscles et donner plus d’énergie. (N’oublions pas que le stress est synonyme de danger et la réponse archaïque du corps est la fuite).  A long terme, le cœur va être trop sollicité, les vaisseaux sanguins et les artères sont alors réduits et les parois durcies. Avec des conséquences cardiaques mais également une augmentation des risques d’accidents cérébraux.

Des chercheurs américains de la faculté de médecine Albert Einstein de New-York ont suivi durant 20 ans le parcours de vie de 500 personnes. Les travaux publiés en 2016 dans la revue « Alzheimer Disease » montrent un lien entre le déclin cognitif et l’exposition au stress chronique.

Le premier dérèglement se manifeste aussi au niveau du cœur avec un risque d’hypertension et d’infarctus exacerbé.

  • Quand le taux de cortisol est augmenté en permanence, il aura un effet néfaste sur les cellules nerveuses de la zone de l’hippocampe. Le cortisol va détruire ces cellules nerveuses. La conséquence sera une baisse des fonctions cognitives, un manque de jugement et de concentration… ce qui aura pour effet d’augmenter le stress et l’angoisse. (L’hippocampe, située dans le cerveau, joue un grand rôle dans le processus de mémorisation)
  • Le taux de cortisol élevé aura aussi pour conséquence d’augmenter la masse graisseuse au niveau de l’abdomen, provoquant du diabète type 2, parfois des difficultés à respirer et une augmentation de la tension artérielle, etc… Cette situation va énormément fatiguer le corps, voire l’épuiser ! Le cortisol bloquerait la production de neurones dans l’hippocampe. De nouveau, les conséquences de cette situation sont désastreuses et provoquent de la dépression. L’acné peut également apparaître avec la sécrétion de cortisol et affecter l’image de soi.
  • Le taux de cortisol élevé dans le sang aura également pour conséquence d’envoyer un signal de faim au cerveau. (Le message émis sera le suivant : après une « agression » il faut s’en remettre et se nourrir).  D’où un risque de prise de poids. De plus, le manque de temps et le stress augmentent la prise de nourriture rapide et non équilibrée.
  • L’immunité est également touchée et en grande baisse. En situation de stress, le corps fait face à ce qu’il ressent comme un danger immédiat et pour lequel il mobilise toute son énergie. Il n’arrive plus à combattre les microbes et virus. Le système immunitaire affaibli pourrait aussi provoquer de nouvelles allergies.

(Étude de Jean-Pierre Roy, neurologue québécois, exposée dans le cadre d’une conférence organisée par la direction de Santé Publique de Montréal Centre)

En cas de stress chronique, le corps va baigner dans le cortisol. C’est une hormone anti-inflammatoire puissante, mais lorsqu’elle est sécrétée en permanence, les cellules immunitaires s’habituent à cette situation et vont résister au message envoyé par le cortisol. Elles ne répondent plus à son message anti-inflammatoire, le cortisol n’est plus efficace. Cette résistance va permettre l’installation d’un terrain inflammatoire constant. L’immunité va alors baisser car il y a résistance au cortisol. Cette hormone, bénéfique au départ, devient une source de maladies lorsqu’elle est sécrétée constamment. Une fragilité s’installe avec le risque de ne plus pouvoir résister aux bactéries, virus, maladies…etc. Le risque de développer des maladies auto-immunes est également augmenté.

Une autre étude faite par des chercheurs de Pittsburg dans le PNAS – Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences montre les résultats suivants :

En cas de stress, les anticorps s’habituent à la situation et vont se retourner contre l’individu lui-même, faute d’avoir un antigène à combattre. Les résultats de l’étude confirment, qu’en cas de stress chronique, le nombre de cellules immunitaires est multiplié par quatre et que l’équipement génétique devient favorable à l’inflammation. Les globules blancs naissent alors plus actifs, ce qui conduit à des réactions de défense exacerbée.

Cette immunité démesurée augmenterait le risque de maladies cardiovasculaires, d’obésité et de diabète.

Le stress va modifier la circulation sanguine. En toute logique, le sang est mobilisé vers les muscles (puisqu’il y a danger, il faut fuir, et donc avoir de l’énergie au niveau musculaire. Nous sommes encore à l’ère des cavernes en cas de stress…) Les vaisseaux vont moins bien oxygéner la peau, elle sera moins bien nourrie.

Les conséquences de cette mauvaise oxygénation de la peau, à long terme, seront : un vieillissement prématuré, une tendance à rougir ou pâlir, des maladies de peau (liées au système nerveux, comme le psoriasis, l’eczéma, l’urticaire…) et des inflammations, ainsi que de l’acné liée à l’augmentation des sécrétions de sébum, conséquence d’un taux de cortisol trop élevé dans le sang.

Un cuir chevelu moins bien irrigué, et de nouveau une croissance du cheveu ralentie, voire la chute prématurée des cheveux. Avec tout ce que cela peut provoquer au niveau de l’image de soi, augmenter la déprime et l’angoisse.

  • L’activité intestinale va ralentir, l’assimilation des aliments se fera moins bien, d’où des problèmes digestifs tels que ballonnements, remontées acides, ulcères d’estomac, syndrome du colon irritable, constipation, diarrhée, indigestion … Alors que le corps est déjà en difficulté par le manque d’énergie, il est accablé par une prise de repas rapide et sur le pouce, par une nourriture souvent peu équilibrée.  La prise la prise de poids arrive alors comme un problème de plus à gérer et comme une fatalité à laquelle il n’y a plus de force pour y faire face.
  • Le système nerveux sympathique a bien sûr des difficultés à se mettre en veille. « Il y a danger et il faut rester sur le qui-vive » ! Le sommeil ne vient donc pas facilement. Si de plus, la journée passée est ressassée et celle du lendemain appréhendée, il ne faut pas s’attendre à un endormissement facile. Les nuits sont courtes, la fatigue s’installe de plus en plus et l’anxiété augmente. Le cercle vicieux s’installe, l’angoisse de ne pas s’endormir, engendre l’angoisse de ne pas être performant le lendemain etc...
  • L’anxiété va s’installer petit à petit chez les personnes les plus vulnérables mais également chez les autres plus tardivement. Comme vu précédemment, nous n’avons pas tous les mêmes capacités pour faire face au stress. Cette anxiété chronique pourra se traduire par un burn-out, de l’alcoolisme, des maladies cardio-vasculaires.
  • Il est évident que cette situation est peu propice à la libido. Sur le plan physiologique, l’hypothalamus est touché et sécrète moins d’hormones sexuelles. Le système reproductif va aussi pâtir de cette situation, puisque les femmes auront des menstruations déréglées, plus douloureuses, avec une augmentation des bouffées de chaleur à la ménopause et les hommes des problèmes d’érection avec une baisse de la production de spermatozoïdes.

Si vous avez poursuivi la lecture jusqu’ici, je ne peux que vous féliciter ! Un tableau pareil n’est pas des plus réjouissants ! Mais n’est-ce pas grâce à la connaissance que l’on peut éviter de se retrouver dans cette situation.

Si la lecture de ces processus en chaîne vous a permis quelques prises de conscience, des réflexions quant à vos modes de vie ou des rectifications de choix au quotidien, c’est déjà gagné ! Quoiqu’il en soit, nous faisons tous au mieux. Connaître toutes les conséquences du stress et ses ravages n’ont pas vocation à effrayer mais plutôt à comprendre, à « se comprendre » et peut-être à être plus indulgent avec soi-même. Nous verrons au prochain article que tout ce descriptif était indispensable pour comprendre l’action et les bienfaits du massage. Ce sera l’aboutissement d’un long chemin ! Une forme d’apothéose… J’espère vous retrouver dans quinze jours pour clore cette thématique avec vous.

© Alice Duruz - 2019

Source :

Le stress excessif rend les cellules immunitaires hyperactives :
https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/medecine-stress-excessif-rend-cellules-immunitaires-hyperactives-50069/

Le stress chronique et l’inflammation.
https://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=2004092001

L’article sur le stress
https://www.fedecardio.org/Je-m-informe/J-apprends-a-gerer-mon-stress/le-stress-quelles-consequences-pour-la-sante

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